E Bléck op d’Ausstellung ‘Les silences’

Escape to dream your life – Peggy Dihé

Escape: évasion… Dans ce contexte nous parlons d’un repliement, d’une fermeture, d’une évasion face à la réalité, seulement apparents. Car le fruit de cette « mise en pause » du contact direct avec la réalité est elle-même la réalité.
Une réalité qui résulte transfigurée dans les perceptions par chacun de nous. Mais dans le cas de Peggy, celle-ci est transfigurée par la capacité de rêver, dont beaucoup d’entre nous sommes désormais privés.

Et nous voici un peu « débordés » devant les œuvres de l’artiste. C’est un effet aliénant qui nous submerge à l’entrée, au premier contact avec l’univers de Peggy. Une aliénation qui prend du temps à se dissoudre.
On reconnaît à chaque instant des indices familiers, des stimuli quotidiens, tous là, tous ensemble, dans une apparence chaotique. Une accumulation de traits, signes, formes, lignes, motifs, couleurs, figures anthropomorphes ou fantastiques, une flore évidente dans son altérité.
Mais la perturbation ne dure pas longtemps: elle nous pousse à une recherche amusée, qui accompagne une danse de rapprochement et d’écartement de chaque toile spécifiquement – et pas uniquement – dans la découverte et le décryptage de la logique compositionnelle; parce que les silences de Peggy parlent tellement, ils sont prêts à nous raconter des histoires, à nous révéler des secrets qui sommeillent en attendant un passant prêt à écouter.

Cette toile est la représentation figurative de l’action d’échapper à la réalité pour rêver. Un rêve qui incarne les stimuli que nous subissons au quotidien. Car même si nous décidons de nous réfugier dans notre lit pour lire un livre, pour échapper à tout, nous nous exposons toutefois à des stimuli que nous intériorisons et qui réapparaissent à un niveau conscient ou subconscient avec le temps.
Cette toile est Peggy, mais elle est aussi plusieurs entre nous. Une toile maltraitée, percée, cousue, griffée, caressée, décorée, habitée et transformée sans cesse.
C’est une œuvre qui résulte de la superposition d’instants, de couches, de densités et de matières disparates, de sable, de fil à coudre, de colle et de feuilles d’or, mais surtout de couleurs. Elle reste une toile caractérisée par des tons principalement froids et tendant à des tons sombres, parmi lesquels l’exaltation du blanc, de l’azur pastel, de l’or, du rose phosphorescent fonctionne mieux.

Vous êtes donc chaleureusement invités à vous rendre à la galerie “Schëfflenger Konschthaus” pour vous accorder dans ces temps si difficiles, un moment d’isolement constructif dans un espace privilégié, où vous pourrez prendre le temps pour une remise en question ou simplement vous retrouver, à travers l’opulence de stimuli que les œuvres de Peggy Dihé nous proposent.